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Tuesday, August 26, 2008

Du cerveau à Dieu : Introduction (en francais)

Du cerveau à Dieu (Guy Trédaniel Éditeur, 2008) :

1. Nous ne sommes pas des matérialistes, ...

2. Le cerveau n’est pas l’esprit

3. Les approches non-matérialistes ont clairement démontré leur intérêt dans le domaine de la santé mentale.

4. Comment pouvons-nous étudier scientifiquement la spiritualité ?

Prochaine : 1. Nous ne sommes pas des matérialistes, ...

Note: The English language version is here.

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1. "Nous ne sommes pas des matérialistes, ... "

Quand mon étudiant de doctorat Vincent Paquette et moi-même avons commencé à étudier les expériences spirituelles de soeurs carmélites à l’université de Montréal, nous savions que nos motivations allaient très probablement être mal comprises.

D’abord nous avons dû convaincre les soeurs que nous n’allions pas chercher à prouver que leurs expériences religieuses ne sont pas réelles, qu’elles sont des illusions, ou qu’elles s’expliquent par un artéfact dans le cerveau. Ensuite nous avons dû calmer à la fois les espoirs des athées professionnels et les craintes du clergé quant à la possibilité que nous allions chercher à réduire ces expériences à une sorte « d’interrupteur de Dieu » dans le cerveau.

C’est précisément ce que veulent faire de nombreux neuroscientifiques. Mais Vincent et moi appartenons à une minorité – les neuroscientifiques non-matérialistes. La plupart des scientifiques aujourd’hui sont des matérialistes qui pensent que le monde physique est la seule réalité. Absolument tout le reste – y compris les pensées, les sentiments, l’esprit, et la volonté – peut être expliqué en termes de matière et de phénomènes physiques, ne laissant aucune place au fait que la religion et les expériences spirituelles puissent être autre chose que des illusions. Les matérialistes sont comme le personnage de Charles Dickens, Ebeneezer Scrooge, qui rejette son expérience du fantôme de Marley comme « une tranche de boeuf mal digérée, une demi-cuillerée de moutarde, un morceau de fromage, un fragment de pomme de terre mal cuite ».
Vincent et moi, au contraire, n’avons pas entamé nos recherches avec de tels présupposés matérialistes. Et puisque nous ne sommes pas des matérialistes, nous n’avons pas douté a priori qu’une personne contemplative puisse entrer en contact avec une réalité extérieure à elle-même au cours d’une expérience mystique. En fait, les neurosciences m’ont attiré en partie parce que je savais d’expérience que de telles choses peuvent réellement se produire. Vincent et moi voulions seulement savoir quels pouvaient être les corrélats neuraux – l’activité des neurones – au cours d’une telle expérience.

Compte tenu de l’immense domination du matérialisme dans les neurosciences contemporaines, nous avons eu de la chance que les soeurs aient cru à notre sincérité et aient accepté de nous aider, puis que la Fondation Templeton ait vu l’intérêt de soutenir nos recherches. Bien sûr, on peut nous demander si les études neuroscientifiques sur des nonnes contemplatives peuvent démontrer l’existence de Dieu. Non, mais elles peuvent démontrer – et elles l’ont fait –, que l’état de conscience mystique est une réalité. Dans cet état, le contemplatif fait semble-t-il
l’expérience d’aspects de la réalité qui ne sont pas accessibles à partir d’autres états. Ces découvertes excluent plusieurs thèses matérialistes selon lesquelles le contemplatif simule ou enjolive l’expérience. Vincent et moi avons aussi montré que les expériences mystiques sont complexes – une découverte qui contredit la grande variété d’explications matérialistes simplistes, telles qu’un « gène de Dieu », un « point de Dieu », ou un « interrupteur de Dieu » dans nos cerveaux.

Denyse O’Leary, qui est journaliste, et moi-même avons écrit ce livre pour réfléchir au sens de ces études, et plus généralement pour proposer une approche neuroscientifique de la connaissance des expériences religieuses, spirituelles et mystiques. Aujourd’hui les neurosciences sont matérialistes. C’est-à-dire qu’elles supposent que l’esprit se réduit tout simplement au mécanisme physique du cerveau. Pour comprendre ce que cela veut dire, considérons cette simple phrase : « Cela m’est venu à l’esprit. » Personne ne dirait : « Cela m’est venu au cerveau. » Par contraste, on pourrait dire « il faut protéger le cerveau en cas de choc », et non « il faut protéger l’esprit en cas de choc ».

Prochaine : 2. Le cerveau n’est pas l’esprit

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2. Le cerveau n’est pas l’esprit

Mais les matérialistes pensent que la distinction que l’on fait entre son esprit, en tant qu’entité immatérielle, et son cerveau, en tant qu’organe corporel, n’a pas de véritable fondement. L’esprit est supposé être une simple illusion générée par les mécanismes du cerveau. Certains matérialistes pensent que nous ne devrions même pas utiliser une terminologie qui suggère que notre esprit existe. Dans ce livre, nous avons l’intention de montrer que votre esprit existe bel et bien, qu’il n’est pas identique à votre cerveau. Vos pensées et vos sentiments ne peuvent pas être écartés ou réduits à des décharges de synapses et d’autres phénomènes purement physiques. Dans un monde exclusivement matériel, le « pouvoir de la pensée » ou de « l’esprit sur la matière » sont des illusions, le but ou le sens n’existent pas, et il n’y a aucune place pour Dieu. Pourtant de nombreuses personnes vivent de telles expériences, et nous apportons des données suggérant que ces expériences sont réelles.

Par contraste, de nombreux matérialistes estiment désormais que des notions comme le sens ou le but ne correspondent pas à la réalité ; elles sont de simples adaptations favorables à la survie de l’être humain. En d’autres termes, elles n’ont pas d’existence au-delà de l’évolution de circuits neuronaux dans nos cerveaux. Ainsi que le co-découvreur du code génétique Francis Crick l’écrit dans L’hypothèse stupéfiante : «Après tout, nos cerveaux hautement développés n’ont pas évolué sous la pression de devoir découvrir des vérités scientifiques, mais seulement de nous permettre d’être assez intelligents pour survivre et laisser des descendants. » Mais les questions sur le sens et le but sont-elles de simples mécanismes de survie ? Si un tel dédain pour une vie intellectuelle qui couvre des milliers d’années semble si peu convaincant, c’est peut-être pour une bonne raison. Supposons, par exemple, qu’un homme en bonne santé donne en échange de rien un de ses reins à un étranger mourant. Le matérialiste va rechercher chez les taupes, les rats ou les chimpanzés une analogie qui sera le meilleur moyen de comprendre les motivations du donneur.

Il pense que l’état d’esprit du donneur peut être expliqué en totalité par l’hypothèse selon laquelle son cerveau a évolué lentement et avec difficultés à partir du cerveau de créatures comme celles-là. Par conséquent, son esprit n’est qu’une illusion créée par les mécanismes d’uncerveau surdéveloppé, et sa conscience de sa propre situation n’est finalement pas significative pour rendre compte de ses actions.

Ce livre prétend que même si le cerveau humain évolue, cela n’implique pas que l’on puisse écarter l’esprit humain de cette façon. Mais plutôt que le cerveau humain rend possible un esprit humain, là où le cerveau de la taupe ne le peut pas (avec mes excuses à l’espèce des taupes). Toutefois, le cerveau n’est pas l’esprit ; c’est un organe adapté pour connecter un esprit au reste de l’univers. Par analogie, l’épreuve de natation des Jeux olympiques requiert une piscine de niveau olympique. Mais la piscine ne crée pas l’événement olympique ; elle le rend possible en un endroit donné.

Selon la perspective matérialiste, notre conscience humaine et notre libre arbitre sont des problèmes qu’il faut « réduire ». Pour comprendre ce que cela veut dire, considérons ce commentaire sur la conscience par Steven Pinker, un chercheur en sciences cognitives d’Harvard, dans un article récent de Time magazine intitulé « Le mystère de la conscience » (19 janvier 2007). À propos des deux problèmes centraux auxquels les scientifiques sont confrontés, il écrit :

Bien qu’aucun des deux problèmes n’ait été résolu, les neuroscientifiques
s’accordent sur plusieurs de leurs caractéristiques, et celle qu’ils trouvent la
moins sujette à controverse est aussi celle que la plupart des non-spécialistes
trouvent la plus choquante. Francis Crick l’appelle « l’hypothèse stupéfiante »
– l’idée que nos pensées, nos sensations, nos joies et nos peines sont
uniquement des processus physiologiques dansles tissus du cerveau. La conscience
ne réside pas dans une âme éthérée qui utiliserait le cerveau comme un assistant
numérique personnel (PDA) ; la conscience est l’activité même du cerveau.

Puisque Pinker reconnaît qu’aucun des problèmes concernant la conscience n’est soit résolu, soit près de l’être, comment peut-il être si sûr que la conscience est simplement « l’activité du cerveau », impliquant qu’il n’y a pas d’âme ?

Un aspect pratique du matérialisme de Pinker est que le moindre doute peut être étiqueté « non scientifique » par principe, ce qui interdit par avance toute discussion sur la plausibilité du matérialisme. Le matérialisme est sans aucun doute une croyance que beaucoup d’intellectuels ne songeraient même pas à remettre en question. Mais la force de leur conviction n’implique pas qu’il s’agisse d’une description juste de la réalité, ni n’apporte de preuve en sa faveur. On peut donc argumenter en faveur de la conception opposée, ainsi que ce livre va le démontrer.


Prochaine : 3. Les approches non-matérialistes ont clairement démontré leur intérêt dans le domaine de la santé mentale.

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Monday, August 25, 2008

3. Les approches non-matérialistes ont clairement démontré leur intérêt dans le domaine de la santé mentale.

Oui, ce livre – qui s’écarte de la tendance générale des livres de neurosciences destinés au grand public – remet en question le matérialisme. Bien plus que cela, il présente des données suggérant que le matérialisme n’est pas vrai. Vous verrez par vous-même que les preuves en faveur du matérialisme ne sont pas aussi solides que Steven Pinker voudrait vous le faire croire. Votre croyance dans le matérialisme ne pourrait subsister qu’en supposant – sur la base de la foi – que toute preuve du contraire qui vous est fournie doit être fausse.

Par exemple, ainsi que nous le verrons, un matérialiste croit volontiers – sans aucune preuve fiable d’aucune sorte – que les grands leaders spirituels souffrent d’épilepsie du lobe temporal droit, et non qu’ils vivent des expériences spirituelles éclairantes pour les autres autant qu’eux-mêmes. Quand la spiritualité est concernée, ces données d’expériences sont gênantes pour un matérialisme étroit. Ceci car un système comme le matérialisme est gravement altéré par toute preuve apportée contre lui. En conséquence, les observations qui résistent au matérialisme sont simplement ignorées par de nombreux scientifiques. Par exemple, les matérialistes mènent depuis des décennies une guerre d’usure contre la recherche sur les phénomènes psi (connaissance ou action à distance, comme la perception extrasensorielle : télépathie, précognition ou télékinésie), car la moindre preuve en faveur de la validité du psi, même mineure, est fatale à leur système idéologique. Récemment par exemple, des sceptiques autoproclamés ont attaqué le chercheur athée Sam Harris pour avoir avancé, dans son livre intitulé The End of Faith (La Fin de la Foi, 2004), que la recherche psi a une certaine validité.

Harris ne fait que s’appuyer sur des données, comme nous le verrons. Mais en faisant cela il viole ostensiblement un tenant important du matérialisme : l’idéologie matérialiste va à l’encontre de
certaines données.

Mais d’autres défis sont lancés au matérialisme. Les matérialistes sont tenus de penser que leurs esprits ne sont qu’une illusion créée par les mécanismes du cerveau, et par conséquent que le libre arbitre n’existe pas en réalité et ne peut donc exercer un contrôle sur le moindre trouble.
Mais les approches non-matérialistes ont clairement démontré leur intérêt dans le domaine de la santé mentale. En voici quelques exemples qui sont présentés dans ce livre.

• Jeffrey Schwartz, un neuropsychiatre non matérialiste de l’UCLA (université de Californie de Los Angeles), traite les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) – une maladie neuropsychiatrique caractérisée par des pensées pénibles, intrusives et non sollicitées – en amenant les patients à reprogrammer leur cerveau. Leurs esprits remodèlent donc leurs cerveaux. De la même façon, certains de mes collègues neuroscientifiques de l’université de Montréal et moi-même avons démontré, grâce aux techniques d’imagerie cérébrale, les éléments suivants :

• Les femmes et les jeunes filles peuvent exercer un contrôle volontaire sur l’intensité de leur réaction à des pensées tristes, bien que les jeunes filles aient eu plus de mal à y parvenir.

• Les hommes qui regardent des films érotiques sont tout à fait capables de contrôler leurs réactions, lorsqu’on leur demande de le faire.

• Les gens qui souffrent de phobies comme l’arachnophobie (peur des araignées) peuvent réorganiser leurs cerveaux de telle sorte qu’ils surmontent la peur.

Les preuves d’un contrôle de l’esprit sur le cerveau sont bel et bien contenues dans ces études. Le contrôle de « l’esprit sur la matière » est une réalité. Nous possédons le pouvoir de la volonté, une conscience et des émotions, et en combinant cela à un sens de la finalité et de la signification, nous pouvons engendrer le changement.

Il fut un temps où les explications matérialistes de la religion et de la spiritualité valaient au moins la peine d’être prises en considération. Par exemple, Sigmund Freud disait que les souvenirs infantiles d’une figure paternelle amenaient les personnes religieuses à croire en Dieu.L’explication de Freud n’a pas tenu car le christianisme est la seule grande religion qui insiste sur la paternité de Dieu. Bien que fausse, son idée n’était pas pour autant ridicule. Les relations avec le père, heureuses ou non, sont des expériences humaines complexes, qui comportent des analogies avec la religion. De même, l’anthropologue J.G. Frazer pensait que les religions modernes sont nées de cultes primitifs voués à la fertilité, qui ont été ensuite « spiritualisés ».

En réalité, les indices désignent plus précisément les expériences spirituelles comme la source des croyances et des rituels religieux qui sont apparus ensuite. Toutefois, l’idée de Frazer était loin d’être triviale. Elle résultait d’une étude longue et approfondie d’anciens systèmes de croyance. Mais les explications matérialistes de la religion et de la spiritualité sont récemment devenues hors de contrôle. Influencés par le préjugé matérialiste, les médias populaires se jettent sur les histoires de gène de la violence, gène de l’obésité, gène de la monogamie, gène de l’infidélité, et même désormais un gène de Dieu !

L’argument se présente ainsi : les psychologues évolutionnistes tentent d’expliquer la spiritualité humaine et la croyance en Dieu en suggérant que ceux parmi les hommes des cavernes qui croyaient en une réalité surnaturelle avaient plus de chances de transmettre leurs gènes que les autres. Les progrès en génétique et en neurosciences ont encouragé certains à rechercher très sérieusement un tel gène de Dieu, ou bien un point de Dieu, un module, un facteur, ou un « interrupteur » de Dieu dans le cerveau humain.

À l’époque où l’incroyable « casque de Dieu » (un casque de motoneige équipé de solénoïdes qui peuvent soi-disant stimuler les sujets pour vivre une expérience spirituelle), à Sudbury au Canada, a aimanté les journalistes scientifiques dans les années 1990 (la décennie du cerveau), le matérialisme s’apprêtait à franchir les limites du ridicule. Pourtant, ils continuent à rechercher un « interrupteur » de Dieu. Ces quelques digressions farfelues mises à part, on ne peut échapper au non-matérialisme de l’esprit humain. Par essence, il n’y a pas « d’interrupteur » de Dieu.

Ainsi que les études avec les soeurs carmélites l’ont démontré et que ce livre va le détailler, les expériences spirituelles sont complexes, tout comme nos expériences des relations humaines. Elles laissent des signatures dans de nombreux emplacements du cerveau. Ce fait est cohérent (bien que non démonstratif par lui-même) avec l’idée que la personne vivant une expérience spirituelle entre en contact avec une réalité extérieure à elle-même.

Il se trouve que le matérialisme est périmé. Il n’apporte aucune hypothèse utile pour comprendre l’esprit humain ou les expériences spirituelles, et il en est même très loin. Un peu au-delà se trouve un vaste domaine dans lequel le matérialisme ne peut entrer, et qu’il peut encore moins explorer. Mais la bonne nouvelle est qu’en l’absence de matérialisme, il existe des signes montrant que la spiritualité peut tout à fait être étudiée et explorée à l’aide des neurosciences modernes.

Les neurosciences non-matérialistes ne sont pas contraintes de rejeter, nier, justifier, ou de traiter comme des problèmes toutes les données qui contrarient le matérialisme. Cela est prometteur car les recherches actuelles viennent alimenter un corpus croissant de telles preuves. Trois exemples abordés dans ce livre sont : l’effet psi, les expériences de mort imminente (EMI ou NDE pour Near-Death Experiences), et l’effet placebo.

L’effet psi, tel qu’il est observé dans des phénomènes comme la perception extrasensorielle et la psychokinèse, est un effet de faible intensité, certes, mais les tentatives pour l’infirmer ont échoué. Les EMI sont également un thème de recherche plus présent ces dernières années, probablement parce que le développement de techniques de réanimation efficaces a permis la survie d’un plus grand nombre de personnes qui peuvent rapporter ces expériences. Grâce aux travaux de chercheurs tels que Pim van Lommel, Sam Parnia, Peter Fenwick et Bruce Greyson,
nous disposons désormais d’une base d’informations qui s’enrichit.

Les observations ne confirment pas une vision matérialiste de l’esprit et de la conscience, comme celle proposée par Pinker, qui a écrit dans Time : « Quand l’activité physiologique du cerveau cesse, tout ce que l’on peut dire est que la conscience de cette personne quitte l’existence. » La plupart d’entre nous n’ont pas vécu d’expériences inhabituelles comme l’effet psi ou une EMI, mais nous avons certainement tous déjà fait l’expérience de l’effet placebo : Ne vous est-il jamais arrivé d’aller chez un médecin pour faire établir un certificat médical disant que vous ne pouvez pas vous rendre au travail, à cause d’un mauvais rhume – et soudain, assis là dans la salle d’attente et feuilletant des magazines, vous commencez à vous sentir mieux ?

C’est une situation embarrassante, mais facile à expliquer : votre esprit génère des messages qui enclenchent les processus analgésiques ou de guérison dès lors que vous avez accepté d’entamer un chemin de guérison. Les neurosciences matérialistes ont longtemps considéré l’effet placebo comme étant un problème, mais c’est l’un des phénomènes les mieux démontrés en médecine. Pour les neurosciences non matérialistes au contraire, c’est un effet normal qui peut être d’un grand intérêt thérapeutique lorsqu’il est correctement utilisé.

Le matérialisme est semble-t-il incapable de répondre aux questions clés sur la nature de l’être humain et ses perspectives d’y répondre un jour de façon intelligible sont réduites. Il a toutefois convaincu des millions de personnes qu’elles ne devraient pas chercher à développer leur nature spirituelle puisqu’elles n’en ont aucune.

Certains pensent que la solution est de continuer à soutenir le matérialisme un peu plus fermement que par le passé. Ces dernières années, d’importants porte-paroles du matérialisme ont lancé une croisade « anti-Dieu » largement médiatisée et quelque peu étrange.

Les travaux antithéistes tels que Breaking the Spell : Religion as a Natural Phenomenon (Briser le sort : la religion comme phénomène naturel, Daniel Dennett), The God Delusion, (L’Illusion de Dieu, Richard Dawkins), The Failed Hypothesis – How Science Shows that God Does Not
Exist, (La Fausse Hypothèse – comment la science montre que Dieu n’existe pas, Victor J. Stenger), God Is Not Great (Dieu n’est pas Grand, Christopher Hitchens), et Letters to a Christian Nation (Lettres à une nation chrétienne, Sam Harris) – aucun de ces ouvrages n’est pour l’instant disponible en français –, s’accompagnent de conférences telles qu’ « Au-delà de la croyance » du réseau Science Network, et de campagnes comme le «Youtube blasphemy challenge » (Le Défi du blasphème sur le site internet Youtube).

Il est remarquable de constater qu’il n’y a pas une seule idée nouvelle dans tout ce que ces gens ont à dire. Les philosophes du XVIIIe siècle l’avaient déjà dit avant eux avec autant, sinon moins, de succès. En outre, de récents travaux ont été assaisonnés de certaines propositions contestables de la psychologie évolutionniste – cette tentative de faire dériver la religion et la spiritualité de pratiques pouvant avoir permis à quelques-uns de nos ancêtres du pléistocène de transmettre leurs gènes.

Mais nos ancêtres du pléistocène sont morts depuis si longtemps que l’on ne peut apprendre grand-chose d’une discipline à laquelle il manque un sujet d’étude. On nous donne également de multiples garanties concernant la nature illusoire du cerveau, de la conscience, du libre arbitre, et l’inutilité voire le danger de la spiritualité.

Prochaine : 4. Comment pouvons-nous étudier scientifiquement la spiritualité ?

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4. Comment pouvons-nous étudier scientifiquement la spiritualité ?

Une poignée d’experts de la moitié du XXe siècle avaient prédit que la spiritualité allait disparaître lentement mais sûrement. Une fois équipés de biens matériels en abondance, les hommes allaient simplement arrêter de penser à Dieu. Mais ces experts avaient tort. La spiritualité est aujourd’hui plus diversifiée, mais elle croît partout dans le monde. Ainsi, sa vitalité constante provoque spéculations, craintes, et quelques estimations hasardeuses – mais surtout, une irrésistible curiosité, un désir de chercher.

Comment pouvons-nous étudier scientifiquement la spiritualité ? Pour commencer, nous pouvons redécouvrir notre héritage non-matérialiste. Il a toujours été là, bien que largement ignoré. Des neuroscientifiques aussi connus que Charles Sherrington, Wilder Penfield et John Eccles n’étaient pas des matérialistes réductionnistes et ils avaient de bonnes raisons pour défendre leurs positions. Aujourd’hui, les neurosciences non-matérialistes prospèrent, en dépit des limitations imposées par un malentendu largement répandu et, dans certains cas, une vraie hostilité.

Le lecteur est invité à aborder toutes les questions et les données qui sont présentées dans ce livre avec un esprit ouvert. Nous avons besoin d’explorer et non d’adhérer à un dogme.

Notre livre va établir trois propositions clés. L’approche non matérialiste de l’esprit humain est une tradition riche et vivace qui rend bien mieux compte des observations que l’approche matérialiste, qui fait aujourd’hui du sur-place. En second lieu, les approches non-matérialistes de l’esprit engendrent des bienfaits pratiques et des traitements, de même que d’autres approches de phénomènes qui ne sont même pas pris en considération par l’approche matérialiste.

Enfin – et c’est peut-être l’aspect le plus important pour beaucoup de lecteurs – notre livre montre que lorsque les expériences spirituelles transforment les vies, l’explication la plus raisonnable et celle qui rend le mieux compte de toutes les données d’observations, est que les personnes qui vivent de telles expériences ont effectivement contacté une réalité extérieure à elles-mêmes, une réalité qui les a rapprochées de la véritable nature de l’univers.


Mario Beauregard
Montréal, Canada
Le 4 mars 2007

Prochaine : Du cerveau a Dieu : Introduction (en francais)

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Thursday, September 13, 2007

The Spiritual Brain: Introduction

Because so many people have asked me what The Spiritual Brain: A neuroscientist's case for the existence of the soul addresses, I thought I would post the Introduction. It doesn't deal with everything the book addresses, but it gives you some idea.

In this book, we intend to show you that your mind does exist, that it is not merely your brain. Your thoughts and feelings cannot be dismissed or explained away by firing synapses and physical phenomena alone. In a solely material world, "will power" or "mind over matter" are illusions, there is no such thing as purpose or meaning, there is no room for God. Yet many people have experience of these things. We intend to argue that these experiences are real. In contrast, many materialists now argue that notions like meaning or purpose do not correspond to reality; they are merely adaptations for human survival. In other words, they have no existence beyond the evolution of circuits in our brains.

Can we prove God exists from neuroscience? No, but if your mind is real, a cosmic Mind would best account for it. If spirituality is good for you (and it is), that's because spirituality responds to the way things really are in our universe. Come along with us and see for yourself.

Part One: Neuroscience as if your mind is real
Part Two: Who has enough faith to be a materialist?
Part Three: The uses of non-materialist neuroscience
Part Four: Materialism is running on empty

Note: Pour le francais, voir L’Intelligence spirituelle : Introduction


Next: Part One: Neuroscience as if your mind is real

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Part One: Neuroscience as if your mind is real

In this book, we intend to show you that your mind does exist, that it is not merely your brain. Your thoughts and feelings cannot be dismissed or explained away by firing synapses and physical phenomena alone. Are our questions about our meaning or purpose merely survival mechanisms? If such an airy dismissal of the intellectual life of thousands of years sounds vaguely unconvincing, well, perhaps it should.


When my doctoral student Vincent Paquette and I first undertook to study the spiritual experiences of Carmelite nuns at the Université de Montréal, we knew that our motives were quite likely to be misunderstood.

First, we had to convince the nuns that we were not trying to prove that religious experiences do not occur or that a brain glitch explains them. Then we had to quiet both the hopes of professional atheists and the fears of clergy about the possibility that we were trying to reduce spiritual experiences to some kind of "God switch" in the brain.

Many neuroscientists want to do just that. But Vincent and I belong to a minority—nonmaterialist neuroscientists. Most scientists today are materialists who believe that the physical world is the only reality. Absolutely everything else, including thought, feeling, mind, and will, can be explained in terms of matter and physical phenomena--leaving no room for the possibility that religious experiences are anything but an illusion. Materialists are like Charles Dicken's character Ebeneezer Scrooge who dismisses his experience of Marley's ghost as merely "an undigested bit of beef, a blot of mustard, a crumb of cheese, a fragment of an underdone potato."

Vincent and I, on the other hand, did not approach our research with any such materialist presumption. As we are not materialists, we did not doubt in principle that a contemplative might contact a reality outside herself during a mystical experience. In fact, I went into neuroscience in part because I knew experientially that such things can indeed happen. Vincent and I simply wanted to know what the neural correlates—the activity of the neurons—during such an experience might be. Given the overwhelming dominance of materialism in neuroscience today, we count ourselves lucky that the nuns believed in our sincerity and agreed to help us, and that the Templeton Foundation saw fit to fund our studies.

Of course, you may well ask, can neuroscience studies of contemplative nuns demonstrate that God exists? No, but they can—and did—demonstrate that the mystical state of consciousness really exists. In this state, the contemplative likely experiences aspects of reality that are not available in other states. These findings rule out various materialist theses that the contemplative is faking or confabulating the experience. Vincent and I also showed that mystical experiences are complex experiences, which rules out a vast variety of simplistic materialist explanations such as a "God gene," "God spot" or "God switch" in our brains.

Toronto-based journalist Denyse O'Leary and I have written this book to discuss the significance of these studies, and more generally, to provide a neuroscientific approach to understanding religious, spiritual, and mystical experiences. As I wrote above, neuroscience today is materialist. That is, it assumes that the mind is quite simply the physical workings of the brain. To see what this means, consider a simple sentence: "I made up my mind to buy a bike." One would not say, "I made up my brain to buy a bike." By contrast, one might say, "Bike helmets prevent brain damage," but not "bike helmets prevent mind damage."

But materialists think that the distinction you make between your mind as an immaterial entity and your brain as a bodily organ has no real basis. The mind is assumed to be a mere illusion generated by the workings of the brain. Some materialists even think you should not in fact use terminology that implies that your mind exists.

In this book, we intend to show you that your mind does exist, that it is not merely your brain. Your thoughts and feelings cannot be dismissed or explained away by firing synapses and physical phenomena alone. In a solely material world, "will power" or "mind over matter" are illusions, there is no such thing as purpose or meaning, there is no room for God. Yet many people have experience of these things. We intend to argue that these experiences are real. In contrast, many materialists now argue that notions like meaning or purpose do not correspond to reality; they are merely adaptations for human survival. In other words, they have no existence beyond the evolution of circuits in our brains. As co-discoverer of the genetic code Francis Crick
writes in The Astonishing Hypothesis, "Our highly developed brains, after all, were not evolved under the pressure of discovering scientific truths but only to enable us to be clever enough to survive and leave descendants." But are our questions about our meaning or purpose merely survival mechanisms? If such an airy dismissal of the intellectual life of thousands of years sounds vaguely unconvincing, well, perhaps it should.

Next: Part Two: Who has enough faith to be a materialist?

(From The Spiritual Brain)

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Part Two: Who has enough faith to be a materialist?

One convenient aspect of materialism is that any doubt can be labeled "unscientific" in principle. That preempts a discussion of materialism's plausibility. Certainly, materialism is a faith that many intellectuals would never think of questioning. But the strength of their conviction neither shows that it is a correct account of reality nor provides evidence in its favor.

Suppose, for example, a healthy man donates a kidney for free to a dying stranger. The materialist may look for an analogy among moles, rats, mole rats, or chimpanzees, as the best way to understand the donor's motives. He believes that the donor's mind can be completely explained by the hypothesis that his brain was built up painstakingly in slow steps from the brains of creatures like these. Therefore, his mind is merely an illusion created by the workings of an overdeveloped brain, and his consciousness of his situation is actually irrelevant as an explanation of his actions.

This book argues that the fact that the human brain evolves does not show that the human mind can be dismissed in this way. Rather, the human brain can enable a human mind, whereas the mole brain cannot (with my apologies to the mole species). The brain, however, is not the mind; it is an organ suitable for connecting a mind to the rest of the universe. By analogy, Olympic swimming events require an Olympic class swimming pool. But the pool does not create the Olympic events; it makes them feasible at a given location. From the materialist perspective, our human mind's consciousness and free will are problems to be explained away. To see what this means, consider Harvard cognitive scientist Steve Pinker's comments on consciousness in a recent piece in Time magazine (January 19, 2007). Addressing two key problems that scientists face, he writes,
Although neither problem has been solved, neuroscientists agree on many features of both of them, and the feature they find least controversial is the one that many people outside the field find the most shocking. Francis Crick called it "the astonishing hypothesis" – the idea that our thoughts, sensations, joys and aches consist entirely of physiological activity in the tissues of the brain. Consciousness does not reside in an ethereal soul that uses the brain like a PDA; consciousness is the activity of the brain.

Given that Pinker admits that neither problem concerning consciousness is either solved or anywhere close to being solved, how can he be so sure that consciousness is merely "the activity of the brain", with the implication that he draws out, that there is no soul?

One convenient aspect of Pinker's materialism is that any doubt can be labeled "unscientific" in principle. That preempts a discussion of materialism's plausibility. Certainly, materialism is a faith that many intellectuals would never think of questioning. But the strength of their conviction neither shows that it is a correct account of reality nor provides evidence in its favor.

A good case can be made for the opposite view, as this book will demonstrate. Yes, this book - departing from a general trend in books on neuroscience aimed at the general public - does question materialism. Much more than that, it presents evidence that materialism is not true. You will see for yourself that the evidence for materialism is not nearly so good as Steve Pinker would like you to believe. You can only retain your faith in materialism by assuming - on faith - that any contrary evidence you read about must be wrong.

For example, as we will relate, a materialist readily believes - without any reliable evidence whatever - that great spiritual leaders suffer from temporal lobe epilepsy rather than that they have spiritual experiences that inspire others as well as themselves. Where spirituality is concerned, this experiential data is an embarrassment to narrow materialism. That is because a system like materialism is severely damaged by any evidence against it. Consequently, data that defy materialism are simply ignored by many scientists. For instance, materialists have conducted a running war against psi research (research on knowledge or action at a distance) for decades, because any evidence of psi's validity, no matter how minor, is fatal to their ideological system. Recently, for example, self-professed skeptics have attacked atheist neuroscience grad student Sam Harris for having proposed, in his book titled The End of Faith (2004), that psi research has validity. Harris is only following the evidence, as we shall see. But in doing so, he is clearly violating an important tenet of materialism: Materialist ideology trumps evidence.

Next: Part Three: The uses of non-materialist neuroscience

(From The Spiritual Brain)

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Part Three: The uses of non-materialist neuroscience

There is such a thing as "mind over matter." We do have will power, consciousness, and emotions, and combined with a sense of purpose and meaning, we can effect change.


But other challenges to materialism exist, other evidence. Materialists must believe that their minds are simply an illusion created by the workings of the brain, and therefore that free will does not really exist and could have no influence in controlling any disorder. But non-materialist approaches have clearly demonstrated mental health benefits. Here are a few examples discussed in this book:

Jeffrey Schwartz, a non-materialist UCLA neuropsychiatrist, treats obsessive-compulsive disorder — a neuropsychiatric disease marked by distressing, intrusive, and unwanted thoughts—by getting patients to reprogram their brains—their minds change their brains.

Similarly, some of my neuroscientist colleagues at the Université de Montréal and I have demonstrated, via brain imaging techniques, that

– women and young girls can voluntarily control their level of response to sad thoughts, though young girls found it more difficult to do so.

– men who view erotic films are quite able to control their responses to them, when asked to do so.

– people who suffer from phobias such as spider phobia can reorganize their brains so that they lose the fear.

Evidence of the mind's control over the brain is actually captured in these studies. There is such a thing as "mind over matter." We do have will power, consciousness, and emotions, and combined with a sense of purpose and meaning, we can effect change.

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(From The Spiritual Brain)

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Part Four: Materialism is running on empty

Non-materialist neuroscience is not compelled to reject, deny, explain away, or treat as problems all evidence that defies materialism. That is convenient because current research is turning up a growing body of such evidence.

At one time, materialist explanations of spirituality were at least worth considering. For example, Sigmund Freud argued that childhood memories of a father figure led religious people to believe in God. Freud's explanation failed because Christianity is the only major religion that emphasizes the fatherhood of God. But his idea, while wrong, was not ridiculous. Relationships with fathers, happy or otherwise, are complex human experiences, with some analogies to spirituality. Similarly, anthropologist J.G. Frazer thought that modern religions grew out of primal fertility cults and were only later spiritualized. Actually, the evidence points more clearly to spiritual experiences as the source of later religious beliefs and rituals. Still, Frazer's idea was far from trivial. It derived from a long and deep acquaintance with ancient belief systems.

But recently materialistic explanations of spirituality have gotten out of hand. Influenced by this materialistic prejudice, popular media jump at stories about the violence gene, the fat gene, the monogamy gene, the infidelity gene, and now, even a God gene! Evolutionary psychologists attempt to explain human spirituality by insisting that cave dwellers in the remote past who believed in a supernatural reality were more likely to pass on their genes than cave dwellers who didn't. Progress in genetics and neuroscience has encouraged some to look, quite seriously, for such a God gene, or else a God spot, module, factor, or switch in the human brain. By the time the amazing "God helmet" (a snowmobile helmet modified with solenoids which purportedly could stimulate subjects to experience God) in Sudbury, Canada, became a magnet for science journalists in the ‘90s (the Decade of the Brain), materialism was just about passing beyond parody. Nonetheless, materialists continue to search for a God switch. Such comic diversions aside, there is no escaping the non-materialism of the human mind.

Essentially, there is no God switch. As the studies with the Carmelite nuns have demonstrated and this book will detail, spiritual experiences are complex experiences, like our experiences of human relationships. They leave signatures in many parts of the brain. That fact is consistent with (though it does not by itself demonstrate) that the experiencer contacts a reality outside herself.

The fact is, materialism is stalled. Not only does it have no useful hypotheses for the human mind or spiritual experiences, it is not close to developing any. Just beyond lies a great realm that cannot even be entered via materialism, let alone explored. But the good news is that, in the absence of materialism, there are hopeful signs that it can indeed be entered and explored with modern neuroscience.

Non-materialist neuroscience is not compelled to reject, deny, explain away, or treat as problems all evidence that defies materialism. That is convenient because current research is turning up a growing body of such evidence. Three examples addressed in this book are the psi effect, near death experiences (NDEs), and the placebo effect.

The psi effect, as seen in such phenomena as extrasensory perception and psychokinesis, is a low level effect, to be sure, but efforts to disconfirm it have failed. Near death experiences have also become a more frequent subject of research in recent years, probably because the spread of advanced resuscitation techniques has created a much larger population that survives to recount them. As a result of the work of researchers such as Pim van Lommel, Sam Parnia, Peter Fenwick, and Bruce Greyson, we now have a growing base of information. The results do not support a materialist view of mind and consciousness, as advanced by Pinker, who writes in Time "when the physiological activity of the brain ceases, as far as anyone can tell the person's consciousness goes out of existence."

Most of us have not experienced unusual effects like psi or NDE, but we have all probably experienced the placebo effect: Have you ever gone to your doctor to get a letter saying you can't go to work because you have a bad cold—and suddenly begun to feel better while sitting in the clinic, leafing through magazines? It's embarrassing, but easy to explain: Your mind generates messages to begin the analgesic or healing processes when you accept that you have in fact started on a path to recovery. Materialist neuroscience has long regarded the placebo effect as a problem, but it is one of the best attested phenomena in medicine. But for non-materialist neuroscience, it is a normal effect that can be of great therapeutic value when properly used.

Materialism is apparently unable to answer key questions about the nature of being human and has little prospect of ever answering them intelligibly. It has also convinced millions of people that they should not seek to develop their spiritual nature because they have none. Some think that the solution is to continue to uphold materialism a bit more raucously than before. Currently, key materialist spokespersons have launched a heavily publicized and somewhat puzzling "anti-God" crusade. Anti-theistic works such as Breaking the Spell: Religion as a Natural Phenomenon (Daniel Dennett), The God Delusion (Richard Dawkins), God: The Failed Hypothesis — How Science Shows that God Does Not Exist (Victor J. Stenger), God Is Not Great (Christopher Hitchens) and Letters to a Christian Nation (Sam Harris) are accompanied by conferences such as the Science Network's "Beyond Belief" and campaigns such as the YouTube Blasphemy Challenge.

The remarkable thing is that there isn't a single new idea in all that they have to say. Eighteenth century philosophes said it all long ago, to as much or little purpose. Granted, recent works have been spiced with the questionable assumptions of evolutionary psychology—the attempt to derive spirituality from the practices that may have enabled a few of our Pleistocene ancestors to pass on their genes. But the Pleistocene ancestors are long gone, and not much can really be learned from a discipline that lacks a subject. There are also plenty of assurances about the illusory nature of consciousness and free will, and the uselessness or danger of spirituality. A variety of experts of the mid-twentieth century had predicted that spirituality would slowly but surely disappear. Once supplied with abundant material goods, people would just stop thinking about God. But the experts were wrong. Spirituality today is more varied, but it is growing all over the world. Thus, its continuing vitality prompts speculations, fears, and some pretty wild guesses—but most of all, a compelling curiosity, a desire to investigate.

But how can we investigate spirituality scientifically? To start with, we can rediscover our nonmaterialist inheritance. It has always been there, just widely ignored. Famous neuroscientists such as Charles Sherrington, Wilder Penfield, and John Eccles, were not in fact reductive materialists, and they had good reasons for their position. Today, non-materialist neuroscience is thriving, despite the limitations imposed by widespread misunderstanding and, in a few cases, hostility. Readers are urged to approach all the questions and evidence presented in this book with an open mind. This is a time for exploration, not dogma.

Our book will establish three key ideas: The non-materialist approach to the human mind is a rich and vital tradition that accounts for the evidence much better than the currently stalled materialist one.

Second, non-materialist approaches to the mind result in practical benefits and treatments, as well as promising approaches to phenomena that materialist accounts cannot even address.

And lastly – this may be the most important value for many readers – our book shows that when spiritual experiences transform lives, the most reasonable explanation – the one that best accounts for all the evidence – is that the people who have such experiences have actually contacted a reality outside themselves, a reality that has brought them closer to the real nature of the universe.

Mario Beauregard
Montreal
March 4, 2007

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(From The Spiritual Brain)

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